
Votre peau tiraille après la douche. Celle de votre fils aussi. Vous avez essayé trois marques différentes au supermarché, toutes avec des emballages verts et des promesses rassurantes. Rien ne change. Je reçois régulièrement des messages de personnes dans cette situation exacte. La bonne nouvelle : le problème vient rarement de votre peau. Il vient de ce qu’on met dedans.
Les 3 différences qui comptent vraiment :
- La méthode de fabrication change tout pour votre peau (section 1 et 2)
- La glycérine reste ou disparaît selon le procédé (section 2)
- Le coût réel à l’usage inverse souvent les apparences (section 3)
Ce qui se cache vraiment dans votre savon de supermarché
Retournez n’importe quel savon de grande distribution. La liste d’ingrédients ressemble à un cours de chimie. C’est normal : aux termes du règlement DGCCRF, ces ingrédients doivent figurer par ordre décroissant de concentration selon la nomenclature INCI. Sauf que personne ne vous a appris à les lire.
Franchement, le souci principal se situe dans les premiers termes de cette liste. Sodium Tallowate ? Graisse animale industrielle. Sodium Lauryl Sulfate (SLS) ? Agent moussant bon marché, utilisé comme substance-test par les dermatologues selon l’INRS précisément parce qu’il provoque des réactions chez de nombreuses personnes. Les industriels l’adorent : ça mousse beaucoup pour pas cher.

Décoder une étiquette en 30 secondes :
- Sodium Tallowate en premier → Base de graisse animale industrielle
- Liste de plus de 15 ingrédients → Additifs nombreux pour compenser la pauvreté de la formule
- « Parfum » sans précision → Composition synthétique non détaillée
Cette grille simple fonctionne dans 80% des cas. Pour le reste, vérifiez avec le département cosmétique de votre parapharmacie.
Le problème va au-delà des irritations. Les procédés industriels extraient la glycérine du savon pour la revendre séparément dans d’autres produits cosmétiques. Résultat : ce qui pourrait naturellement hydrater votre peau finit dans un pot de crème vendu trois fois plus cher.
Comment un savon artisanal protège votre peau autrement

La saponification à froid fonctionne à l’opposé des méthodes industrielles. Température basse, réaction chimique lente, aucune extraction. La glycérine produite naturellement reste dans le savon. Et les artisans ajoutent un excédent d’huiles non transformées — c’est ce qu’on appelle le surgras, généralement entre 5 et 8%. Certaines savonneries comme lessavonsdejoya.com poussent cette logique avec des formulations particulièrement riches en huiles végétales.
Entre le moment où l’on mélange huiles et soude et celui où le savon peut être utilisé, il se passe minimum 4 à 6 semaines. C’est la cure. Cette patience est impossible dans l’industrie où les cadences de production imposent des délais de quelques heures. Selon la directive Cosmébio 2024, les sulfates seront d’ailleurs interdits dans les cosmétiques certifiés bio au 1er janvier 2029, signe que les standards évoluent.
| Critère | Savon artisanal SAF | Savon industriel |
|---|---|---|
| Température | Ambiante (25-45°C) | Haute (100°C+) |
| Durée totale | 4 à 6 semaines | Quelques heures |
| Glycérine | Conservée intégralement | Extraite et revendue |
| Surgras | 5-8% d’huiles préservées | 0% ou traces |
Ce que j’observe régulièrement
J’accompagne Nathalie depuis 2022. Elle a 52 ans, enseigne à Caen, et traîne un eczéma aux mains depuis quinze ans. Elle avait essayé des dizaines de savons dermatologiques sans résultat durable. Son scepticisme envers les savons artisanaux était total — trop simples selon elle. Passage au savon surgras sans huile essentielle, amélioration visible en trois semaines. Pas un miracle, mais une différence qu’elle n’avait jamais obtenue autrement.
Dans les échanges que j’ai avec des personnes passant au naturel, je constate souvent la même confusion : elles ont acheté un savon transparent vendu comme artisanal en grande surface, sans savoir qu’il s’agissait d’une base glycérinée fondue — un procédé industriel maquillé. Ce constat est limité à mon expérience, mais il revient fréquemment.
Le vrai calcul : un savon artisanal coûte-t-il plus cher ?
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plus longtemps : durée de vie moyenne d’un savon artisanal vs industriel à poids égal
Un savon industriel coûte autour de 2 à 3 € les 100 grammes. Un artisanal tourne entre 5 et 10 €. Le calcul semble évident. Sauf qu’il ne tient pas compte de la durée de vie. Un savon bien curé, conservé sur un porte-savon drainant, peut tenir 6 à 8 semaines pour une utilisation quotidienne. Son équivalent industriel fond souvent en 3 semaines, parfois moins.

Je me souviens de Sophie, une cliente de Rouen que j’ai conseillée par mail en novembre dernier. Elle cherchait un savon pour son fils de 8 ans qui avait la peau très sèche cet hiver. Premier savon commandé : parfumé, le fils n’aimait pas l’odeur. Échange contre version sans parfum. Amélioration en deux semaines. Le mari restait dubitatif sur le prix — 6 € contre 2 € au supermarché. Ce qui l’a convaincu ? Réaliser que le savon durait deux mois au lieu de trois semaines. Le coût réel par semaine est comparable, voire inférieur.
Conseil pratique : Investissez dans un porte-savon qui draine bien l’eau. C’est ce qui fait la différence entre un savon qui fond en quinze jours et un qui tient deux mois. Les modèles en bois ajouré ou céramique rainurée fonctionnent mieux que les coupelles plates.
Les huiles végétales utilisées dans les savons artisanaux — olive, coco, karité — jouent aussi un rôle dans la prévention du vieillissement de la peau. Pas de promesse miracle, mais une peau correctement hydratée vieillit généralement mieux qu’une peau constamment agressée par des tensioactifs irritants.
Vos questions sur le passage aux savons naturels
Un savon artisanal mousse-t-il autant qu’un savon classique ?
Moins au départ, oui. Le SLS produit une mousse abondante et spectaculaire. Les savons saponifiés à froid génèrent une mousse plus fine et crémeuse. La quantité de mousse n’a aucun rapport avec l’efficacité nettoyante — c’est une habitude sensorielle, pas un indicateur de qualité.
Comment conserver mon savon pour qu’il dure plus longtemps ?
Trois règles : ne jamais le laisser dans une flaque d’eau, utiliser un support drainant, et le laisser sécher entre deux utilisations. Certains alternent deux savons pour leur laisser le temps de sécher complètement.
Les savons artisanaux conviennent-ils aux enfants ?
Les formules sans huile essentielle et sans parfum sont particulièrement adaptées aux peaux jeunes. Privilégiez les savons surgras à base d’huile d’olive ou de beurre de karité. Les bienfaits de l’huile de noix de coco en font également une base appréciée pour les peaux sensibles.
Peut-on utiliser un savon surgras sur le visage ?
Oui, à condition de choisir une formule douce sans huile essentielle. Les savons surgras au lait d’ânesse ou à l’huile d’argan sont souvent formulés pour un usage visage. Testez d’abord sur une petite zone.
Quelles sont les limites des savons artisanaux ?
Soyons clairs : ce n’est pas une solution miracle. La période d’adaptation peut durer quelques semaines, le temps que votre peau se rééquilibre. Certaines personnes n’apprécient pas la texture moins moussante. Et si vous avez une pathologie cutanée diagnostiquée, consultez un dermatologue avant de changer vos habitudes.
Et maintenant ?
Si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article : regardez les trois premiers ingrédients sur l’emballage. Ils représentent l’essentiel de ce que vous allez mettre sur votre peau. Sodium Cocoate, Sodium Olivate, Butyrospermum Parkii — ces noms indiquent des bases végétales. Le reste suivra naturellement.
Selon l’étude 2023 de Cosmébio, un Français sur deux a acheté des cosmétiques bio sur les douze derniers mois. Le mouvement est lancé. La question n’est plus de savoir si ça vaut le coup, mais simplement par où commencer.