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Ven, Juil
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La meilleure équipe de ces dernières années, subit un nouvel échec dans une épreuve majeure après le Mondial 2014. De quoi susciter des interrogations.

 

C’est une réelle malédiction qui dure depuis une vingtaine d’années. La Roja perd quand elle porte le maillot blanc ! C'était le cas contre la Croatie cette année lors de la première phase, contre les Pays-Bas en 2014, contre le Portugal en 2004 et puis surtout contre… l’Italie en 1994. Une certitude : la Roja qu’elle évolue en rouge ou en blanc ne fait plus peur.

Éjecté au premier tour de la dernière Coupe du monde, le champion du monde 2010 subit une nouvelle désillusion. Cette défaite sonne probablement le glas d’une génération dorée. La Roja a ainsi perdu quatre de ses sept dernières rencontres dans un tournoi majeur, elle qui en avait perdu que trois lors de ses 32 rencontres précédente. «Il faut être réalistes. Nous n'avons pas le niveau que nous avions quand nous étions champions d'Europe et du monde, a lâché le défenseur Gerard Piqué. Il faut l'accepter et faire notre autocritique pour arriver au Mondial en Russie (en 2018) dans de bonnes conditions et avec un meilleur niveau.»

Le placide sélectionneur Vicente Del Bosque a de son côté voulu dédramatiser l’échec de lundi soir. Déjà assuré de la première place du groupe E, Antonio Conte avait choisi de faire souffler la plupart de ses cadres et avait donc opéré sept changements par rapport au match de la semaine dernière. Et son équipe est apparue plus fraîche que celle de Del Bosque, à bout de souffle, qui avait pour la quatrième rencontre de suite reconduit le même onze. « Nous avons obligé l’Italie à rester dans son camp en deuxième période. Je ne pense pas que l’on était fatigué », assure pourtant le technicien.

Non ce n’est pas une époque qui se termine 

Vicente Des Bosque

Et, à l’en croire, la Roja a toujours faim : «Il est impossible de douter de notre envie, a-t-il répété. On a défendu nos couleurs comme d’habitude. On a eu des occasions pour égaliser. On y a mis du cœur. On n’a pas pris l’eau. Mais en première mi-temps, nous étions trop timorés. On avait plus d’allant en 2e mi-temps. On a pris des risques et on s’est exposé mais on a essayé de tout faire pour égaliser.»  Del Bosque l’assure : ce n’est pas la fin d’une époque pour cette génération qui a tout raflé entre 2008 et 2012: «Non ce n’est pas une époque qui se termine. Nous sommes bien structurés, on a de bons joueurs et de bons jeunes. Rien ne s’arrête ce soir. On a vécu une période importante pour le foot espagnol mais on va vite se remettre au travail car commence en septembre les éliminatoires pour le Mondial en Russie».

Del Bosque sur le départ ?
Ce sera peut-être sans l’emblématique technicien à la moustache. Le sélectionneur entretient le suspense quant à son avenir à la tête de la sélection. Plusieurs fois la question est revenue sur le tapis chez les médias ibériques. Là encore, Del Bosque a préféré botter en touche. «Je vais discuter avec le président de la Fédération pour savoir ce qui est le mieux pour la sélection espagnole». Victorieux du Mondial 2010 et de l'Euro 2012 sur le banc espagnol, le technicien de 65 ans laisse planer le doute sur son avenir, après huit ans à la tête de la Roja. Son départ marquerait, bien la fin d’une époque pour une sélection en quête d’un nouveau souffle.

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Le drapeau albanais, aigle noir bicéphale sur fond rouge, était omniprésent : imprimé en évidence sur les vêtements, couvrant les épaules et même peints sur les visages. Lyon avait des allures de deuxième Tirana, le 19 juin, lors de la victoire de l’Albanie face à la Roumanie (1-0). Au Parc OL, Armando Sadiku est entré par la grâce d’un coup de tête dans l’histoire du football de son pays. A la 43e minute, le but de l’anonyme attaquant du FC Vaduz (Liechtenstein) a offert sa première victoire dans un Euro à l’Albanie. Les coéquipiers de Lorik Cana, troisièmes du groupe A avec trois points, peuvent même encore rêver à une qualification pour les huitièmes de finale.

« Je suis certain que les Albanais sont vraiment heureux. Pas seulement ceux qui vivent en Albanie, mais aussi ceux éparpillés dans le monde. Nous sommes contents de rendre les gens heureux », s’est réjoui Giovanni De Biasi, le sélectionneur italien de l’Albanie. Pour leur première participation à l’Euro, les Albanais peuvent compter sur un formidable soutien populaire : 25 000 supporteurs, dont beaucoup de femmes. La nombreuse diaspora albanaise de Suisse, 250 000 personnes d’origine albanaise ou albanophone, a profité de la proximité de son pays d’adoption pour venir en masse soutenir son équipe. Avant et après le match, le balai des grosses cylindrées, la plupart immatriculées en Suisse, a égayé les rues de la banlieue de Lyon.

On trouvait ainsi la bannière albanaise en évidence sur les capots, brandie par les fenêtres des voitures et même en protège-rétroviseurs… Le chapeau traditionnel (plisat ou qëlesh), sorte de bonnet blanc qui couvre l’arrière du crâne, trônait sur beaucoup de têtes. Après la rencontre, la ferveur albanaise contaminait même trois Ecossais en kilt, qui criaient à tue-tête « Albania ! Albania ! », sans aller jusqu’à scander le très politique « Shqipëri Etnike » (« Grande Albanie »), slogan favori des fans.

Dans les rues de Tirana, la capitale albanaise, dimanche 19 juin.

A plus de 1 500 km de là, à Tirana, en liesse depuis l’exploit, on n’a pas attendu cette première victoire de l’Euro pour voir plus grand. Juste à côté des murets jaunes de l’ambassade des Etats-Unis devant lesquels des gardes restent en faction toute la journée, la Fédération albanaise de football (FSHF) est en pleine réflexion. Denis Bastari, responsable du département international, évoque « les futurs travaux » prévus dans la ville.

Un championnat « peu rentable »

La reconstruction du stade Qemal Stafa – du nom d’un héros de la seconde guerre mondiale et membre fondateur de l’ancien Parti du travail d’Albanie – devrait être menée à bien d’« ici à 2018 ». Parmi les chantiers : faire passer l’enceinte de 16 000 à 22 000 places, améliorer les éclairages et rénover les vestiaires. Dans les locaux de la FSHF, une maquette laisse entrevoir le résultat futur. En attendant, il faudra prévoir quelque « 60 millions d’euros », selon le dirigeant qui indique que ce budget reposera en partie sur une contribution du gouvernement.

Reste toutefois à assainir les finances d’un championnat local « peu rentable » pour la majorité de ses dix clubs, et dont le sextuple champion en titre, le Skënderbeu Korçë, est soupçonné de matchs arrangés. Une Superligue où, pour l’heure, seule une enceinte répond aux critères de l’UEFA pour accueillir des matchs de Ligue des champions : non pas celle de Tirana, mais celle d’Elbasan (12 000 places), dans le centre du pays.

« On ne sait pas si les trois points seront suffisants pour nous qualifier, mais nous voulons y croire »

Ce développement pourrait bien s’accélérer avec une éventuelle participation aux huitièmes de finale. « On ne sait pas si les trois points seront suffisants pour nous qualifier, mais nous voulons y croire. Je ne sais pas si cela changera la face du foot en Albanie », a déclaré le défenseur Arlind Ajeti, désigné homme du match. Dans leur camp de base de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), les Albanais doivent désormais attendre et espérer qu’au moins deux troisièmes de groupe fassent moins bien qu’eux.

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